Il était une fois mon coup de gueule N°1

Premier article de mon blog depuis le passage de la nouvelle année, premier article coup de gueule.

Si j’exprime aujourd’hui ma colère c’est parce que je ne peux être muette face à la polémique suscitée par la tribune du journal le Monde où l’on défend une certaine liberté d’importuné …

 

Non mais où va le Monde ?!

 

Je suis pour la liberté d’expression mais pas pour l’incitation à la violence et les propos de cette tribune qu’elle le souhaite ou pas l’incite.

Voilà qu’on excuse et pire qu’on légitime les actes de malades qui pensent qu’ils sont en droit de caresser ou de frotter des inconnues.

Voilà qu’on leur serve sur un plateau une défense : « Je pensais que ça l’exciterait puisque certaines femmes veulent qu’on les importune. Il y a 100 femmes qui ont signé une tribune dans ce sens ! « 

Comment peut-on éprouver du plaisir lorsqu’un homme vous prend violemment par le bras et vous maintien si fort qu’il est impossible de vous sauver ?

Parce que moi je n’ai éprouvé que peur et colère. Heureusement qu’un autre homme nous a séparé car je ne sais pas ce qu’il se serait passé.

Et quel plaisir lorsqu’un inconnu se masturbe en vous regardant sur votre lieu de travail (au milieu d’un magasin) ?

Parce que je n’ai éprouvé que du dégoût.

J’ai une connaissance qui a eu affaire à un frotteur dans le métro et elle n’a pas éprouvé de plaisir non plus. Elle s’est défendue mais au lieu d’avoir des excuses elle a eu le droit à des insultes !

Il y a drague et drague.

Hélas la drague de rue finit souvent par des insultes et pas par la personne qui se promenait tranquillement et qui voulait juste avoir la paix.

Cette tribune qui est sensée libérer une autre parole :

  • excuse les hommes qui se sentent tellement supérieurs qu’ils se permettent de prendre possession des corps des femmes sans demander le moindre consentement,
  • fait culpabiliser les femmes qui ont subi certaines violences en leur disant qu’elles n’ont pas à être susceptibles Qu’au lieu de se plaindre ou de se sentir victimes, elles n’avaient qu’à éprouver du plaisir ?! Et puis comme certaines femmes fantasment sur ça il faut accepter cette fatalité de se faire importuner …

 

Time’s Up

 

Alors qu’aux Etats-Unis, il y a une impulsion positive sur la libération de la parole des femmes victimes de harcèlement par des hommes puissants, nous en France, on recule sur les questions de la position de la femme dans notre société.

Non, non et non : nous ne sommes pas des objets sexuels mis à disposition aux hommes qui souffrent d’un désert sexuel.

300 actrices américaines ont créé un mouvement et une association Time’s Up pour défendre leur droit mais chez nous 100 femmes signent une tribune pour dire que certaines femmes souhaitent être draguées et même touchées sans spécialement être consentantes. Qu’elles veulent défendre la liberté sexuelle ?!

Si nous voulons réaliser notre fantasme personnel on le réalisera mais pas aux dépens d’une majorité de femmes qui en ont marre d’être importunées !

Le gouvernement veut mettre en place des mesures contre le harcèlement de rue et quelques mois après l’annonce, nous voilà avec une tribune qui ne veut pas que les choses changent en prétextant que l’on risque de perdre notre liberté. Je ne comprends pas …

On en parle de notre liberté de se promener en toute tranquillité ?

Trop puritaine ?

 

Ne serait-ce pas une idée conservatrice de penser que les hommes peuvent assouvir leurs pulsions et que les femmes doivent disposer sans broncher ?

On laisse les coupables vivre en toutes impunités, normal quoi ?! On tripote et on n’est pas puni …

D’ailleurs c’est ce qu’il se passe déjà. On se fait agresser et puis quoi? On le balance avec le hastag balance ton porc? Seulement lorsqu’il s’agit d’un inconnu à part lui mettre un bon coup de genou dans les parties, il n’y a pas d’autres solutions. Les coupables le savent, ils ne craignent pas les représailles (ni les femmes d’ailleurs).

Place aux femmes ! Editions Gallimard

Cette tribune est complètement à côté de la plaque, complètement déconnectée de notre société.

Lorsque tu grandis en banlieue et que tu caches ta féminité par peur ou juste parce que tu es lasse d’être importuné par des gros lourds, cette vision des choses expliquée dans les médias est juste incompréhensible.

Pour ces femmes qui fantasment d’être importunées, allez voir la définition d’un fantasme.

On peut idéaliser une certaine violence mais lorsqu’on la vit réellement l’idéalisation disparaît très vite !

 

Le changement par l’éducation

 

Je reste persuadée que l’éducation sur l’égalité des sexes et le respect du corps est UNE solution et que véhiculer ce genre de message est dangereux pour la future génération.

Je lis justement le livre de Dolto Respecte mon corps en ce moment à petit Confetti suite à une mésaventure pour lui apprendre l’importance de respecter son corps et de respecter le corps des autres.

En effet petit Confetti s’est fait touché les fesses par un garçon de son âge.

Alors rien de sexuel mais c’est de tout petit qu’il faut leur apprendre que le corps n’appartient qu’à soi-même.

L’éducation de nos petits garçons sur cette question est peut-être même le plus important, le respect du corps et des filles.

 

La liberté sexuelle

 

Nous n’avons pas la même définition de la liberté sexuelle.

Il me semblait que la liberté passait par le fait de disposer de son corps comme on le souhaitait, pas que ce soit les autres qui le disposent comme ils le souhaitent.

 Pour celles et ceux qui souhaitent être importuné(e)s, mettez un badge !

Je signe ma tribune pour le droit de ne pas être importuné et vous ?

x LiLi Confetti x

 

Quand les rôles s’inversent

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