Dans mon ventre

Mon petit coeur,

Lorsque notre décision d’avoir un bébé a été prise, c’était comme si j’étais déjà maman dans mon cœur.

A cette période, ça n’allait vraiment pas à mon travail. Avec mes collègues, nous étions tellement investies dans cette entreprise qui prenait l’eau, nous étions fatiguées et dépassées. Alors lorsque nous avons décidé d’arrêter, cela a été un vrai crève-cœur mais aussi une délivrance. C’est à ce moment là que je suis tombée enceinte après plusieurs mois d’essai. Le chômage pointé le bout de son nez et nous allions devenir parent. Cela peut faire peur mais nous, nous étions plutôt sereins pour l’avenir. Faut dire je ne me voyais pas rester dans un boulot qui prenait toute mon énergie physique et mentale en étant maman.

Je savais que la vie réservait beaucoup de surprises. On peut être dans une situation stable un jour et le lendemain tout peut basculer. L’envie d’avoir un bébé ne se résume finalement pas qu’à sa situation professionnelle. Il faut surtout avoir une relation saine, énormément d’amour dans son couple et être mature dans sa tête.

Premier trimestre

J’ai arrêté de travailler durant mon deuxième mois de grossesse. J’avais quelques chutes de tension et des nausées mais c’était tout à fait supportable. J’avais la possibilité de fractionner mes repas pour mieux les supporter d’ailleurs.

Par contre je me sentais épuisée mais j’avais un rythme tellement intense avec mon ancien travail que j’ai eu beaucoup de mal à ralentir. 

Je faisais de longues promenades avec notre chien Patek, je travaillais sur un ancien blog consacré à la mode et au lifestyle, je m’occupais de toute la paperasse, des rendez-vous pôle emploi et je ne cessais de me renseigner sur la grossesse, l’accouchement et les bébés.

C’est à cette période que j’ai repris tout ce qui est loisirs créatifs : modelage, tricot, couture, scrapbooking … Je voulais créer, transformer une idée en quelque chose de concret, et avoir la fierté de fabriquer quelque chose avec mes mains.

J’étais tellement impatiente que la chambre soit prête que j’ai commencé à tout acheter et tout préparer dès le premier trimestre.

Et puis il y a eu les premières échographies. J’ai été tellement étonnée lors de la première. Je m’attendais à voir un haricot mais pas du tout, on te distinguait super bien.

Nous n’avions pas de préférence, fille ou garçon, nous voulions juste que le bébé soit en bonne santé mais je ne sais pas pourquoi nous pensions que tu serais un garçon, peut-être formaté par une norme imaginaire : garçon pour le premier enfant. Lorsque nous avions appris que tu étais une fille cela a été une merveilleuse surprise. Nous étions vraiment ravis.


Deuxième trimestre

Je me sentais déjà beaucoup moins fatiguée. Je me sentais femme et plus mon ventre s’arrondissait plus mes complexes s’envolaient.

Nous avons profité de cette période pour voyager un peu en France. Nous sommes allés à Belfort pour chercher dans un élevage Yumi, un chinchilla. Je voulais que tu passes toute ton enfance avec un petit animal. Hélas la vie en a voulu autrement …

Nous avons également visité Mulhouse et Colmar lors de notre escapade vers l’Est.

Nous avons ensuite rejoint la famille dans le Sud. J’ai été heureuse de découvrir enfin l’île de Porquerolles, c’est sublime. 

J’ai commencé également mes cours de préparation à l’accouchement. Je suis partie voir une sage femme libérale et elle a été juste géniale. Je n’avais jamais rencontré une personne aussi bienveillante et d’une si grande compétence. Elle proposait également des séances de sophrologie que j’ai bien-sûr suivies. J’ai été super réceptive et j’ai vraiment apprécié. Cela m’a énormément aidée pour l’accouchement. Pendant la grossesse, je ressentais un grand besoin d’être entourée et ma sage femme était devenue un peu une maman de substitution qui m’apportait du soutien et une écoute attentive. 

Je continuais mes grandes promenades avec Patek et j’ai commencé à faire connaissance avec tout le quartier. 

Avec le travail, on croise rapidement ou parfois pas du tout le voisinage. Mais là j’avais le temps pour discuter et j’ai vraiment apprécié cette convivialité.

J’avais reçu en cadeau un petit lapin musical, j’aimais bien le coller sur mon ventre pour que tu puisses profiter de la musique. J’avais lu qu’une fois né le bébé serait apaisé par la musique entendue dans l’utérus. Je n’ai pas vraiment vu l’efficacité plus tard mais cela me permettait de m’allonger et de me détendre, c’était déjà ça.

Je crois que ce que je retiendrais le plus de ce trimestre c’est le fait de sentir son enfant bouger dans son corps. C’est une sensation étrange car c’est à la fois étonnant et effrayant. Sentir un être évoluer dans son ventre, c’est juste incroyable.


Troisième trimestre 

Cela a été le trimestre le plus difficile. Il y a eu des jours de canicule, les insomnies et surtout de gros malaises vers le dernier mois. J’ai même dû aller aux urgences en pleine nuit car j’ai vraiment eu peur. 

Personne ne savait ce que j’avais. Les malaises survenaient la nuit lorsque j’étais endormie. Cela me réveillait, j’avais la tête qui tournait et surtout je vomissais. En me renseignant, j’ai appris qu’il existait un syndrome de la veine cave, la compression de cette veine pouvant entraîner des malaises car le cerveau est beaucoup moins irrigué. C’était peut-être ça…

J’ai dû également suivre un traitement contre les remontées acides. 

Comme tu peux le voir, le troisième trimestre n’a pas été aussi glamour que le deuxième. 

Plus l’échéance approchait et plus j’avais ce sentiment ambigu de vouloir te rencontrer mais aussi te garder encore un peu plus en sécurité dans mon utérus.

Tu as attendu le jour de la réunion des papas à la maternité pour nous rencontrer. Quelques heures après avoir visité les différentes salles et être briefé sur le déroulement d’un accouchement, ton père a dû y retourner avec moi. C’était une situation assez comique.

Nous t’attendions le 11 ou 13 Octobre mais finalement tu as été trop pressée de nous rencontrer en arrivant 2 semaines en avance.

Pendant toute ma grossesse, le corps a été chamboulé mais l’esprit également. J’ai beaucoup réfléchi sur mon enfance, sur ma propre éducation et sur celle que j’aimerai donner. J’ai aussi réfléchi sur ce que j’aimerai transmettre et partager. 

La grossesse : rétrospection, intensité du moment et projection.

Peut-être qu’un jour tu porteras aussi ton futur enfant alors sache que je serais là pour toi, même si des kilomètres nous séparent. J’ai été bien seule pendant ma grossesse alors compte sur moi pour vivre cette magnifique aventure avec toi.

Love u,

Maman

septembre 9, 2018

Leave your comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!