Ton premier cri

       Il est 2h30 du matin, je me réveille subitement avec la sensation d’uriner.

L’écoulement est incontrôlable, je prends conscience qu’il s’agit de la poche des eaux. The Moment est arrivé.

Je réveille Fred un peu excitée et un peu stressée aussi. Je regarde mon petit mémo car je savais qu’avec le stress nous aurions la tête un peu en l’air. 

Nous préparons donc les affaires à prendre, je prends quelques comprimés homéopathiques que ma sage femme m’avait conseillée et direction  l’Hôpital Intercommunal de Créteil.

Nous arrivons à la maternité vers 3h30 après avoir fait un mauvais remake de Fast and Furious ! 

Je suis trempée, c’est assez désagréable. Il faut se déshabiller et mettre la fameuse blouse de l’hôpital. 

Monitoring et auscultation : bébé va bien, col à 1 cm 

Je ne ressens aucune contraction. J’en avais quelques unes la veille à 17h mais elles étaient tellement faibles que je pensais faire un faux travail.

On m’installe dans une chambre double où une femme est en grande souffrance (col ouvert à 2cm). Mon stress monte d’un coup en la voyant !

Le temps passe et toujours pas de contractions ressenties. Je fais des va- et- vient dans la chambre, dans les toilettes. L’attente est longue et l’attente du gros ballon pour reproduire les mouvements appris pendant les cours à l’accouchement est aussi long …

Après ce long moment d’attente, nous décidons donc de nous allonger et d’essayer de dormir.

Tic tac tic tac BAM !!!

Juste au moment où je m’assoupissais, je ressens une énorme explosion dans mon ventre. Elle est tellement violente que me voilà la tête dans la poubelle pour vomir.

Je me souviens d’être partie dans les toilettes, d’être revenue sur le lit puis m’être installée par terre à 4 pattes, Fred qui me ramène le gros ballon, moi faisant des balancements dessus pour bouger mon bassin …

Les contractions s’enchaînent assez rapidement maintenant. A peine ais-je le temps de reprendre mon souffle qu’une nouvelle arrivait.

Une sage femme vient me voir et vérifie l’ouverture du col. Pour moi, je pensais être à 3 ou à 4 et je me disais que je ne supporterais pas encore des heures et des heures la douleur. 

Ni 3 ou 4 mais elle m’annonce un col à 7 ! 

Quel soulagement !! La moitié du sprint a été parcourue. 

« Voulez-vous la péridurale ? »

Après une courte hésitation, je refuse. 

Pourquoi ? Parce que justement j’hésite. 

Si la douleur était si insupportable ou plutôt non maîtrisable j’aurais accepté sans la moindre hésitation.

Et puis vu l’enchaînement relativement rapide des événements, je me suis dis qu’il n’y en avait plus pour longtemps avant que tu pointes ton nez.

Je n’avais pas tord puisqu’on m’emmène pour la salle de travail. On m’installe et je vois toute une équipe s’activer autour de moi.

Une contraction arrive, j’ai mal. On me demande dans quelle position je veux me mettre. Je ne sais pas quoi répondre alors on essaye la position classique.

J’ai encore mal, ça pousse encore et je commence à crier ! 

Tout va se passer très rapidement maintenant, tellement rapidement que l’on me demande de ne pas encore pousser. Mais allez lutter contre cette envie d’expulsion !

On me fait changer de position. Sur le côté je me sens finalement plus à l’aise. 

Je ferme les yeux et je m’évade. Je suis maintenant sur des montagnes russes.

Je suis de nature timide mais le fait de crier à chaque contraction m’a beaucoup aidée pour le contrôle de ma respiration. 

J’entendais l’équipe m’encourager mais surtout je ressentais tout. 

Toujours les yeux fermés, je ressens une douleur beaucoup plus intense. On me dit de pousser encore plus fort car on voyait les cheveux. Je leur dis que je les vois aussi ce qui fait rire l’équipe. En fait je sentais que ta tête était coincée et qu’il fallait que tu sortes rapidement. Alors je t’appelle et je pousse.

Là, l’équipe me dit d’ouvrir les yeux et j’ai posé pour la première fois mon regard sur toi le 28 Septembre à 8h39. 

Ton père et moi avons ressenti tellement d’amour et de bien-être. Ce sentiment de bonheur pur est juste indescriptible. Nous n’étions plus que tous les 3 et j’avais déjà oublié que plein d’inconnus m’avaient vu toute nue !

Ton père avait coupé symboliquement le cordon car celui-ci était autour de ton cou lorsque tu es sortie (tu voulais déjà porter un collier) et il n’a pas tourné de l’œil. Il a été présent tout le long et il t’a accompagnée lorsque l’équipe devait faire les premiers soins. Je voulais faire le don du sang du cordon , j’avais fait toutes les démarches nécessaires seulement le samedi était le seul jour de la semaine où il ne pouvait pas faire le prélèvement car le coursier ne passait pas ce jour là !

J’avais tellement envie que nous rentrions tous les 3 à la maison après l’accouchement.  Nous nous sommes retrouvés dans une petite chambre avec une autre maman d’une petite fille. Vous étiez toutes les 2 super sages mais l’autre maman ronflait ! C’était insupportable, je n’ai pas pu fermer l’œil durant les 3 jours d’hospitalisation. Néanmoins ces 3 jours m’ont permise d’apprendre à faire quelques soins et à avoir quelques conseils sur l’allaitement au sein.

Tu étais tellement mignonne et si sage. Tu tenais déjà super bien ta tête et tu étais si éveillée. Tu nous a vraiment épatés.

Tu étais le plus beau bébé du monde et nous étions des parents plus que comblés.

Lov u,

Maman.

septembre 16, 2018

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